Archives pour la catégorie Temps des Cerises (journal syndical)

Mon mur des cons

Je sais, on est tous le con de quelqu’un. Mais quoi, ne peut-on se laisser aller à rêver ?

En tant que salarié mon « mur des cons » serait décoré des photos  de nos dirigeants.

D’abord il y aurait ceux qui, en plein essor économique quand le BHV était reconnu pour son expertise dans de nombreux domaines, n’ont pas su conquérir les marchés qui s’offraient à eux. En bourgeois adeptes de la gestion patrimoniale et de la rente, alors qu’ils auraient pu développer des enseignes spécialisées, ils se sont contentés d’engranger de la trésorerie. A tel point que la rentabilité financière était devenue plus importante que la rentabilité d’exploitation. Si il y avait eu un peu plus de prise de risque et d’investissements productifs  aujourd’hui, nous aurions des « BHV Bricolage », des « BHV Literies », des « BHV Décoration », des « BHV Papeterie et Arts Créatifs » émaillant tout l’hexagone. Ils ont bien essayé de diversifier en créant une chaine de Disquaire  « MUSIC WAY » !!! Visionnaire non ? Ils ont aussi voulu dupliquer le concept Grand Magasin mais sans la bonne superficie ni la bonne zone de chalandise, donc rustine après rustine, leurs baudruches se sont dégonflées.

Et puis il y a eu l’arrivée des GL, qui après s’être largement servi dans la trésorerie du BHV ont mis en place d’autres dirigeants tout aussi éclairés et à même de décorer mon « Mur des Cons ». Des utopistes voulant transformer le bazar en BAAZAR. Des escrocs espérant faire du Grand Magasin un Grand Commerce de Bric à Brac d’Import Asiatique. D’autres encore, fils de…, imaginant qu’une entreprise se gère comme une partition de jazz, laissant l’improvisation faire son œuvre.

Je sais, je ressasse souvent cette litanie « Qu’ont-ils fait de tout nos savoir-faire et de toutes nos énergies », quand j’imagine ce que nous aurions pu être et ce que nous sommes devenus, l’envie de jeter des fléchettes sur mon «Mur des Cons »  est irrépressible.

Aujourd’hui d’autres femmes et hommes ont le destin de l’Entreprise entre leurs mains. Ce qu’ils en font ou ce qu’ils veulent en faire nous le vivons au quotidien. A chacun de juger suivant son passé dans l’entreprise ou suivant l’avenir qu’il s’y donne.

Ce que j’espère c’est que jamais ils ne viennent décorer mon « Mur des Cons » car, il est possible que ce soit les derniers.

temps des cerises numéro 19 juillet aout 2013

Alain HIMBERT

les bons conseils de mamie Louise

NOUVEAUX DELAIS DE PRESCRIPTION POUR LES PRESTATIONS SOCIALES

Vérifiez vos bulletins de paie

Selon la loi du 17 juin 2008 et la Circulaire DSS/2010/260 du 12/07/2010,

 « Les prestations Assurances Décès, Maladie, Maternité, Accidents du Travail et Allocations Familiales sont prescrites après 2 ans que les conditions pour recevoir les prestations ont été remplies »

Ainsi, selon les articles L. 332-1, L.431-2 et L.553-1 du Code de la Sécurité Sociale, nul ne peut (Sécurité Sociale, Caisse d’Allocations familiales ou Employeur en cas de subrogation des indemnités journalières) réclamer un trop perçu de  prestations sociales quelconques au-delà de 2 ans après leur paiement initial.

Le BHV quant à lui continue de considérer que le délai de prescription est toujours de 5 ans et effectue allègrement des retenues sur salaires d’indemnités journalières de Sécurité Sociale couvrant des périodes remontant à 5 ans en arrière, aussi vérifiez bien sur vos bulletins de paie que les retenues effectuées par le BHV au titre de la subrogation des Indemnités Journalières de Sécurité Sociale(IJSS) ne sont pas prescrites par la loi.

Dans le cas contraire, réclamez le remboursement des indemnités litigieuses.

LUNDI DE PAQUES 2011 VICTOIRE JURIDIQUE

28 salariés du BHV Rivoli ont saisit le Conseil des Prud’hommes de Paris le 30 septembre 2011 accompagnés par le Syndicat SUD-SOLIDAIRES BHV qui s’est constitué partie Civile, afin d obtenir le paiement de la journée du Lundi de Pâques 2011 qu’ils avaient refusé de travailler et qui avait été retenue sur le salaire.

Par décision du 23 Novembre 2012, notifiée le 17 Janvier 2013, le juge prud’homal a condamné le BHV à régler à chacun des 28 salariés la journée du 25 avril 2011 au motif que le principe du volontariat posé par la Convention Collective des Grands Magasins et l’Accord 35 heures BHV n’a pas été respecté.

En l’espèce, le Conseil des Prud’hommes a estimé qu’il s’agissait d’un problème de droit de l’homme au travail dont les salariés demeurent titulaires même dans la sphère professionnelle, en s’appuyant sur l’article L. 1221-1 du Code du travail qui précise que :

- « Nul ne peut apporter aux droits et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché »

En effet, pour les juges Prud’homaux, l’activité commerciale un jour férié n’est pas un motif suffisamment sérieux et pertinent pour remettre en cause la liberté individuelle des salariés qui est un droit inaliénable que l’Employeur à l’obligation de respecter.
La seule restriction possible étant, selon cette juridiction, la journée de Solidarité qui contrairement aux ouvertures des magasins les jours fériés réalisées dans un but purement mercantile, est une journée nationale de solidarité intergénérationnelle.

Le BHV s’est bien évidemment empressé de faire appel de la décision, qui si elle est confirmée par la Cour d’Appel de Paris, fera jurisprudence dans la profession et permettra aux salariés du commerce de jouir pleinement de leur liberté de citoyen.

edito temps des cerises n 17

FAISONS PAYER AUX RICHES LA CRISE DU SYSTEME CAPITALISTE
Certes la dette existe, mais il suffit d’en connaître les raisons pour la faire disparaitre… en faisant payer ceux qui en sont la cause.
Car la dette est née de la politique fiscale favorable aux riches. La crise est la conséquence d’une politique menée depuis une trentaine d’années qui impose l’austérité pour le plus grand nombre et un partage de plus en plus inégalitaire de la richesse produite. Tout le monde le perçoit : pour la plupart d’entre nous les fins de mois se font difficiles et arrivent de plus en plus tôt, tandis que les riches sont de plus en plus riches.
En France, les différents gouvernements ont décidé de faire des cadeaux aux plus riches, de diminuer les recettes de l’Etat. Ainsi le taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu était encore de 65 % de 1982 à 1986 et est aujourd’hui à 41 %. Evidemment passer de 65 à 41 % diminue considérablement les recettes de l’Etat, provoque un déficit du budget et créé, puis alimente une dette.
Mais cette baisse des impôts ne représente qu’une partie d’une même politique fiscale. Il faut y ajouter les niches fiscales et baisses de T.V.A. Ainsi, selon le dernier projet de loi de finance, le coût global des niches fiscales s’élèverait à 145 milliards d’Euros (quasiment le montant du déficit annuel de l’Etat). Les cadeaux aux Entreprises, notamment les exonérations de cotisations sociales. Théoriquement de 33,3 %, le taux d’imposition des entreprises Françaises est, selon le Conseil des Prélèvements Obligatoires, de 8 % pour les entreprises du CAC 40, de 22 % pour les PME et de 28 % pour les petites entreprises : c’est l’impôt dégressif ! La fraude fiscale, dont les paradis fiscaux représentent de 40 à 50 milliards d’euros par an. De fait en France, les 1 % les plus riches ne paient que 20 % de leur revenu en impôt. Sans les mesures de baisse des impôts, notamment pour les plus riches, la dette serait bien moindre ! Contrairement à ce qu’affirment en coeur le MEDEF et le Gouvernement Sarkosy, la dette n’est absolument pas due à une explosion des dépenses publiques. En France, les dépenses publiques passent de 55 % du PIB en 1993, à 52,3 % en 2007 avant la crise financière. Sans les cadeaux fiscaux, la France aurait connu un léger excédent en 2006, 2007 et 2008 et, du fait de la crise, le déficit n’aurait été que de 3,5 % du PIB au lieu de 7,5 % en 2009.
Si l’impôt sur le revenu était rétabli à son taux et son barème de 2000, il rapporterait chaque année 15 milliards d’€uros supplémentaires. Si les niches fiscales de ce même impôt sur le revenu étaient ramenées à la situation de 2000, le budget récupérerait chaque année 38 milliards d’€ supplémentaires, sans conséquences fâcheuses pour l’économie.
Une récente étude de la Commission Européenne le reconnaît, elle indique que la part des salaires dans la valeur ajoutée, la richesse créée par les salariés dans les entreprises, a baissé en moyenne d’environ 12 points en un quart de siècle dans l’Union européenne. A l’inverse, en France par exemple, les dividendes versés aux actionnaires en 2007 représentaient 12,4 % de la masse salariale contre 4,4 % en 1982. Ce transfert des richesses, des salaires vers les profits, a eu deux effets complémentaires…