Mon mur des cons

Je sais, on est tous le con de quelqu’un. Mais quoi, ne peut-on se laisser aller à rêver ?

En tant que salarié mon « mur des cons » serait décoré des photos  de nos dirigeants.

D’abord il y aurait ceux qui, en plein essor économique quand le BHV était reconnu pour son expertise dans de nombreux domaines, n’ont pas su conquérir les marchés qui s’offraient à eux. En bourgeois adeptes de la gestion patrimoniale et de la rente, alors qu’ils auraient pu développer des enseignes spécialisées, ils se sont contentés d’engranger de la trésorerie. A tel point que la rentabilité financière était devenue plus importante que la rentabilité d’exploitation. Si il y avait eu un peu plus de prise de risque et d’investissements productifs  aujourd’hui, nous aurions des « BHV Bricolage », des « BHV Literies », des « BHV Décoration », des « BHV Papeterie et Arts Créatifs » émaillant tout l’hexagone. Ils ont bien essayé de diversifier en créant une chaine de Disquaire  « MUSIC WAY » !!! Visionnaire non ? Ils ont aussi voulu dupliquer le concept Grand Magasin mais sans la bonne superficie ni la bonne zone de chalandise, donc rustine après rustine, leurs baudruches se sont dégonflées.

Et puis il y a eu l’arrivée des GL, qui après s’être largement servi dans la trésorerie du BHV ont mis en place d’autres dirigeants tout aussi éclairés et à même de décorer mon « Mur des Cons ». Des utopistes voulant transformer le bazar en BAAZAR. Des escrocs espérant faire du Grand Magasin un Grand Commerce de Bric à Brac d’Import Asiatique. D’autres encore, fils de…, imaginant qu’une entreprise se gère comme une partition de jazz, laissant l’improvisation faire son œuvre.

Je sais, je ressasse souvent cette litanie « Qu’ont-ils fait de tout nos savoir-faire et de toutes nos énergies », quand j’imagine ce que nous aurions pu être et ce que nous sommes devenus, l’envie de jeter des fléchettes sur mon «Mur des Cons »  est irrépressible.

Aujourd’hui d’autres femmes et hommes ont le destin de l’Entreprise entre leurs mains. Ce qu’ils en font ou ce qu’ils veulent en faire nous le vivons au quotidien. A chacun de juger suivant son passé dans l’entreprise ou suivant l’avenir qu’il s’y donne.

Ce que j’espère c’est que jamais ils ne viennent décorer mon « Mur des Cons » car, il est possible que ce soit les derniers.

temps des cerises numéro 19 juillet aout 2013

Alain HIMBERT