edito temps des cerises n 17

FAISONS PAYER AUX RICHES LA CRISE DU SYSTEME CAPITALISTE
Certes la dette existe, mais il suffit d’en connaître les raisons pour la faire disparaitre… en faisant payer ceux qui en sont la cause.
Car la dette est née de la politique fiscale favorable aux riches. La crise est la conséquence d’une politique menée depuis une trentaine d’années qui impose l’austérité pour le plus grand nombre et un partage de plus en plus inégalitaire de la richesse produite. Tout le monde le perçoit : pour la plupart d’entre nous les fins de mois se font difficiles et arrivent de plus en plus tôt, tandis que les riches sont de plus en plus riches.
En France, les différents gouvernements ont décidé de faire des cadeaux aux plus riches, de diminuer les recettes de l’Etat. Ainsi le taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu était encore de 65 % de 1982 à 1986 et est aujourd’hui à 41 %. Evidemment passer de 65 à 41 % diminue considérablement les recettes de l’Etat, provoque un déficit du budget et créé, puis alimente une dette.
Mais cette baisse des impôts ne représente qu’une partie d’une même politique fiscale. Il faut y ajouter les niches fiscales et baisses de T.V.A. Ainsi, selon le dernier projet de loi de finance, le coût global des niches fiscales s’élèverait à 145 milliards d’Euros (quasiment le montant du déficit annuel de l’Etat). Les cadeaux aux Entreprises, notamment les exonérations de cotisations sociales. Théoriquement de 33,3 %, le taux d’imposition des entreprises Françaises est, selon le Conseil des Prélèvements Obligatoires, de 8 % pour les entreprises du CAC 40, de 22 % pour les PME et de 28 % pour les petites entreprises : c’est l’impôt dégressif ! La fraude fiscale, dont les paradis fiscaux représentent de 40 à 50 milliards d’euros par an. De fait en France, les 1 % les plus riches ne paient que 20 % de leur revenu en impôt. Sans les mesures de baisse des impôts, notamment pour les plus riches, la dette serait bien moindre ! Contrairement à ce qu’affirment en coeur le MEDEF et le Gouvernement Sarkosy, la dette n’est absolument pas due à une explosion des dépenses publiques. En France, les dépenses publiques passent de 55 % du PIB en 1993, à 52,3 % en 2007 avant la crise financière. Sans les cadeaux fiscaux, la France aurait connu un léger excédent en 2006, 2007 et 2008 et, du fait de la crise, le déficit n’aurait été que de 3,5 % du PIB au lieu de 7,5 % en 2009.
Si l’impôt sur le revenu était rétabli à son taux et son barème de 2000, il rapporterait chaque année 15 milliards d’€uros supplémentaires. Si les niches fiscales de ce même impôt sur le revenu étaient ramenées à la situation de 2000, le budget récupérerait chaque année 38 milliards d’€ supplémentaires, sans conséquences fâcheuses pour l’économie.
Une récente étude de la Commission Européenne le reconnaît, elle indique que la part des salaires dans la valeur ajoutée, la richesse créée par les salariés dans les entreprises, a baissé en moyenne d’environ 12 points en un quart de siècle dans l’Union européenne. A l’inverse, en France par exemple, les dividendes versés aux actionnaires en 2007 représentaient 12,4 % de la masse salariale contre 4,4 % en 1982. Ce transfert des richesses, des salaires vers les profits, a eu deux effets complémentaires…